Il n’y a pas de programme spécifique pour l’éducation sexuelle. Les quelques notions des cours de biologie et de civisme ne sont pas suffisantes alors que les élèves et les écoliers se trouvent dans la tranche d’âge sexuellement active.

Les études menées dans les milieux scolaires indiquent l’existence des rapports sexuels chez les élèves et écoliers. L’étude FAWE/ABEJA (2007) fait état de 12% d’écoliers qui ont déclaré avoir déjà connu des rapports sexuels, 30% chez les élèves du secondaire, 8% de ces écoliers et élèves avaient entre 10 et 14 ans. L’étude CEFOR (2004) a relevé 17% au primaire, 33% au secondaire.

Une note du cabinet du ministère de l’enseignement de base et secondaire fait état d’effectifs très élevés en situation de grossesse pour l’année scolaire 2012-20013 et au cours des deux premiers trimestres de 2012-2013.
Ces études indiquent que les auteurs de ces grossesses sont non seulement des personnes connues des victimes mais aussi des personnes de confiance. Ce qui laisse penser que les grossesses seraient la conséquence de rapport sexuel souvent consentis, d’où la nécessité d’une éducation sexuelle.

Une jeunesse vulnérable

En effet, les jeunes fréquentant les écoles primaires et secondaires figurent dans la tranche d’âge la plus sexuellement active, caractérisée par la montée en puissance de la libido, ce qui les expose à des rapports sexuels « accidentels ».

Les écoles sont également des milieux de fortes promiscuités qui favorise les relation de copinage, propices aux rapports sexuels souvent non protégés. Les écoles mixtes à internat et les collèges communaux sont particulièrement exposés pour deux raisons : la pauvreté et l’analphabétisme des parents qui les rendent incapables de protéger leurs enfants contre les rapports sexuels, mais aussi l’éloignement de la plupart de ces écoles du centre de décision qui favorise l’extension de comportements sexuels irresponsables.

Aussi, la baisse de la moralité suite à la guerre prédispose les élèves, les enseignants, mais aussi d’autres populations à des comportements très rares autrefois. Il s’agit notamment des rapports sexuels entre élèves et éducateurs, les taux élevés de grossesses, des élèves femmes fréquentant les écoles secondaires.

Le contexte de pauvreté constitue un autre facteur des vagabondages sexuels des élèves et écoliers. Une forte proportion des parents est d’un niveau de pauvreté très élevé, donc incapables de subvenir aux besoins de leurs enfants scolarisés. Cette situation peut favoriser des comportements de prostitution déguisée chez les élèves. Il a déjà été fait état de parents qui « vendent » carrément leurs filles pour pouvoir se nourrir.

D’autres facteurs de contexte qui favorisent la multiplication des comportements sexuels à risque dans les milieux scolaires sont notamment le niveau de corruption dans le pays, y compris en milieux scolaires.
Les élèves qui acceptent des rapports sexuels avec un enseignant pour avoir des notes non méritées pratiquent la corruption. L’impunité des délits sexuels, la loi non appliquée avec rigueur, les solidarités négatives, les protections occultes expliquent l’essentiel des pratiques sexuelles irresponsables.

Il est temps de réagir

Face à cette situation, il est étonnant qu’il n’existe pas un programme d’éducation sexuelle dans le système scolaire burundais. Pourtant, le plan stratégique de lutte contre le sida 2012-2016 recommande aux Ministères ayant en charge l’éducation, de réadapter la formation intégrée dans les curricula afin d’asseoir une politique solide sur la communication pour le changement de comportement dans les écoles à tous les niveaux, d’améliorer le niveau des connaissances sur les modes de transmission et les moyens de transmission du VIH, promouvoir l’utilisation correcte et systématique du préservatif en cas du rapport sexuel, promouvoir le conseil et le dépistage volontaire du VIH, diagnostiquer et prendre en charge les IST, promouvoir la circoncision masculine, prévenir les violences sexuelles et prendre en charge les victimes.

Source : Burundi Transparence

Burundi : Un programme d’éducation sexuelle en milieu scolaire s’impose

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